Un projet de trois ans renouvelable liera l'Algérie à Bretagne International-BI et lèvera les contraintes à la production laitière notamment par la création de prairies permanentes inexistentes en Algérie alors que les études montrent leur faisabilité
Ce projet dit «Alban» vise le développement et la modernisation de la filière lait et concernera trois wilayas de l'ouest, du centre et de l'est du pays: (Blida, Relizane et Souk Ahras). L'objectif est de parer à l'incompétence des structures d'élevage ITELV et centre d'insémination artificiel d'accompagner techniquement «plus de 300 éleveurs par wilaya, augmenter de 50% la production moyenne par vache et multiplier par trois leur nombre actuel par unité d'exploitation ainsi que l'augmentation de leur rendement en trois ans (2012-2014).»
Le programme «Alban» a pour objectif d'accompagner 1000 éleveurs algériens en trois ans dans les trois wilayas pilotes. Des actions prioritaires ont été identifiées dont l'alimentation rationnelle des cheptels, l'hygiène et la qualité du lait produit. L'extension de ce programme aux «22 bassins laitiers identifiés» à l'échelle nationale, dépendra des résultats du projet pendant ces 3 ans et des objectifs du ministère de l'Agriculture et l'Institut technique de élevages (Itelv). «Alban» compte faire adhérer 1000 éleveurs pendant la première phase du projet auquel BI apporte son expertise à travers l'appui technique et la formation de formateurs, et constituer des groupes d'appui aux éleveurs (Galep). Ce projet répond aux enjeux stratégiques de moderniser la filière lait, de réduire les importations de poudre de lait et créer des emplois. Pour BI, ce programme devrait créer des relations d'affaires avec les entreprises bretonnes en leur ouvrant de nouveaux marchés.
Le comité de pilotage du projet a été installé en mai 2011 en application du protocole d'accord signé en février de la même année entre l'Itelv et l'association BI, rappelle-t-on. Son coût est estimé à près de 6 millions d'euros, dont 500 millions de DA seront mobilisés par la partie algérienne et 750 000 euros par la partie française. Le président du Conseil interprofessionnel du lait (CIL), Mahmoud Benchekor, a pour sa part averti que «la production laitière nationale ne pourra pas se développer sans l'augmentation de la production fourragère». C'est un «élément clé pour atteindre l'autosuffisance en lait et sur lequel l'Etat devrait se pencher et trouver des mécanismes d'aide aux agriculteurs», a estimé ce responsable. «Pour produire du lait, il faut d'abord produire des fourrages», a-t-il insisté, et de poursuivre: «si on n'assure pas une bonne alimentation, saine et équilibrée au bétail, nous ne pourrons pas maîtriser les autres facteurs de production, tel que la santé animale».